C'est Entendu A L'Infini
& Si Les Voix Sont Fausses A Hurler
Même Vide Vos Plaines Sont Si Jolies
On Se Surprendrait Encore A Les Fredonner
Les Calèches De L'Amour
Mènent Toutes A Vous Altesse
Doucement La Casse My Dear Vos Bas Blessent
Tranchées Du Coeur
Frous Frous D'Organdi
Fuck Me Tender
Love Me Tandoori.La Fille Au Parapluie
"Aurevoir Madame", dit Luc. Luc a trente ans, des cheveux blonds, un magasin de chocolat et une mère qui passe son temps à chercher le futur élu de son coeur, autant dire son quatrième mari. Luc vit dans un petit village de la banlieue Parisienne. Là, il venait de dire aurevoir à la vieille dame qui passe prendre son chocolat blanc aux noisettes chaque jeudi vers quize heures. Dans quelques minutes, profitant d'une pause, se soeur Amélie viendra lui faire un bisou et en profitera pour lui voler un carré de ce chocolat aux framboises qu'elle aime tant, espérant naivement que son frère ne s'en apercevrait pas. Bien vu ! A quize heures dix, la petite clochette au dessus de la porte sonna, et Amélie fit son entrée. Sa chevelure dorée éclairée par un mince rayon de soleil, elle plissa son nez constellé de tâches de rousseur et s'ébroua.
"-Quel temps ! s'écria-t-elle. Bonjour fréro !
-Tiens dépose ton parapluie juste là, lui dit-il, ça va ?
-Tu as appris pur Maman ?
- Quoi ??! s'enquit-il.
- Elle a Encore rencontré l'Amour De Sa Vie. Enfin, le quatrième...
- C'est tout elle ça, répondit le jeune homme dans un sourire.
- Tu as raison. Aller, je file au lycée. A bientôt !
- D'accord. Mais n'oublie pas ton...
Cling !
...parapluie."
Trop tard, elle l'a laissé. Le ciel se noircit un peu plus, ne filtrant plus le léger soleil. Le pluie se mit à tomber, grésillant sur les graviers au dehors. Les gens déplièrent leurs abris de fortune au dessus de leur tête et rentrèrent celle là même dans le col de leur manteau. Qu'ils étaient sinistres tous, avec leurs parapluies noirs. Luc les observa un moment. Il allait se consacrer à ses fleurs au caramel quand quelque chose attira son attention sous l'orage qui tombait dru. Au milieu de passants pressés qui couraient et suaient, impatients de rentrer chez eux, se tenait une fille. Calmement, elle marchait d'un pas tranquille aux côtés de cette foule qui débordait et s'agitait. Mais plus encore que son étrange lenteur, ce qui frappa Luc fut son parapluie. Entre les ombres de ses semblables, il semblait illuminer chaque centimètre autour de lui. Ses ailes multicolores miroitaient sous l'eau. Et la fille disparut, aussi vite qu'elle était apparut, laissant le jeune homme aux prises avec son émoi. Dès lors, tous les jeudis, Luc se rappelait la douceur de cette rencontre et guettait les couleurs chatoyantes du parapluie, redoutant le moindre rayon de soleil, craingant de ne plus reconnaitre parmis les piétons celle qu'il aimait appeller la Fille Au Parapluie. Les semaines se succédèrent. Et la fille de revint pas. Perdant tout espoir, Luc se dit qu'il ferait bien d'arrêter de penser à Elle, il se dit qu'il ferait bien d'arrêter de penser tout court. Et alors que l'espoir lui semblait vaint, la neige se mit à tomber. A gros flocons. Mouillant jusqu'à l'os la première personne qui oserait s'aventurer hors de chez elle. Pensif, au fond de sa boutique, il sursauta quand la clochette sonna. Un parapluie aux milles couleurs se referma et il la reconnut. La Fille Au Parapluie. Elle était grande, brune, jolie. Sa bouche rappellait le velouté d'un bonbon, ses yeux l'intensité du chocolat noir. Le coeur battant, il s'avança vers elle.
"-Pardon, il neigeait et je ne savait pas où m'abriter, s'excusa la jeune demoiselle.
-Mais je... Vous en prie... Vous voulez heuu... Un chocolat chaud pour vous réchauffer ??
-Avec plaisir !"
Autour de la table, la tasse leur brûlant les doigts, Luc & la Fille Au Parapluie échangèrent un long regard. Très long. Qui dura, dura... & Doucement, elle vint s'asseoir à côté de lui. Elle se pencha à son oreille & lui glissa :
" Tu sais, je t'ai vu m'observer quand je passais. Tous les jeudis tu étais là. Désolé. Tu ne devras plus, tu ne pourras plus continuer. Regarde..."
Elle enleva son écharpe.
"Tu vois le trou dans ma gorge ? Je vais mourir... Je voulais que tu le saches. Pardonne moi. D'être venu içi. Je voulais que tu comprennes que s'attacher à moi fais mal. Peut-être nous serions nous aimé. Dans une autre vie... Alors, merci pour tes regards, pour ta tristesse, pour le chocolat finit-elle dans un triste sourire."
Puis elle se leva lentement. Comme dans un rêve, elle passa la porte. Luc n'entendit même pas la clochette sonner. Il suivit longtemps la silhouette de cette belle inconnue. Il regarda la neige mouiller ses cheveux. Tremper son maillot. Il avait envie de courir. De lui dire qu'il serait toujours là. De la prendre dans ses bras et de la rassurer, tout ira bien. Mais la brume l'avait déjà engloutie. Aurevoir. Adieu. Il baissa les yeux. Au sol, un parapluie aux milles couleurs éclairait la vitrine. Alors, une larme coula sur la joue de Luc et vint mourir sur ses lèvres. Aurevoir, la Fille Au Parapluie...